lundi 10 février 2014

Magasinage

Vous ai-je déjà dit que je déteste magasiner?

Peu importe, je le redis encore : je déteste magasiner.

Sérieux si je pouvais m'acheter du linge sur Internet avec succès, je le ferais le reste de ma vie et je ne remettrais plus jamais les pieds dans un magasin. Mais c'est le « avec succès » qui manque à l'appel, la plupart du temps. Trop grand, trop petit, trop long... Si seulement j'avais pas à payer les frais de livraison pour tout retourner, et surtout, si j'avais pas à tout remballer et devoir me rendre au bureau de poste pour l'envoyer, ce serait faisable, j'imagine. Paresse, quand tu nous tiens.

Le conseil le plus overrated de la terre : « fouille dans les sections en liquidation, y'a plein de beau linge pas cher! » Je sais pas pour vous, mais moi quand je vois un rack à liquidation, je bouille de rage. Dans la vie, y'a genre trois choses qui me frustrent tellement que j'en ai mal aux os : l'injustice, l'intimidation pis les racks à liquidation. UGH. Tu passes 4 heures à faire grincer des supports d'un bord pis de l'autre à la recherche de quelque chose de potable, et ça c'est quand les vêtements sont pas tellement tassés comme des sardines que tu peux à peine mettre ta main entre deux supports. Quand tu trouves enfin quelque chose qui t'intéresse, c'est pas ta taille. C'est pas des blagues, juste de voir un rack à linge, je suis épuisée et frustrée d'avance.

En plus, mon cerveau semble passé maître dans l'art de filtrer les overdoses de stimulations visuelles. Après une demie-heure de magasinage, je vois pu rien. Tous les vêtements se ressemblent. J'ai les yeux dans le même trou, pas capable de focusser sur rien, je vois en noir et blanc, j'hallucine des éléphants mauves pis c'est là que je lève le drapeau blanc (ou le premier t-shirt blanc en forme de 10 pieds de long que je trouve... D'ailleurs pourquoi tous les t-shirts sont aussi longs de nos jours? C'est tu juste moi qui a un torse de longueur proportionnelle ou quoi? Ou ben tous les t-shirts sont supposés être des tuniques, finalement? Je vais arrêter ici parce que je m'enligne vers une grosse partie de chialage « dans mon temps là... », pis je me considère encore un peu trop jeune pour ça).

En plus, je me suis rendu compte que je connais vraiment pas la forme de mon corps et que je sais visiblement pas « comment » m'habiller. Ça m'a pris 15 ans à catcher que mon derrière est plutôt ROND, et que oui, je devrais porter des coupes CURVY. Dans ma tête, j'ai un cul plat et plate, j'ai la shape d'un garçon de 10 ans, et la seule forme que j'ai, c'est des seins « normaux ».

Ben non. Je suis un sablier, apparemment. Inspirant.

Bref, j'ai enfin découvert le type de jeans qui me va vraiment bien, soit boot cut ou évasé (À MORT LES SKINNY, SIOUPLAIT) et taille moyenne (À MORT LES TAILLES BASSE AUSSI). Bonus : pas de danger que ma craque de fesses nous fasse une visite-surprise quand je porte des tailles moyennes!

J'ai aussi enfin découvert les marques qui fittent avec ma forme. Et évidemment, c'est des marques hyper chères. Faut ben. Donc j'ai pas le choix de courir les soldes.

HAHAHA courir les soldes. Moi. Comme si.

Au moins, maintenant que je connais ma taille et mon type de jeans, je peux les acheter en ligne. Je cours les soldes virtuellement. Je dépense juste de l'énergie virtuelle. Et du vrai cash. Ça c'est moins le fun.

Manque juste les chandails, et ma vie d'évitage de magasin sera à jamais comblée.

Ou ben je devrais me trouver une meilleure amie qui tripe magasinage ben raide et qui se ferait un plaisir de faire toutes les boutiques pour me rapporter une tonne d'affaires à essayer.

Des preneuses?







dimanche 26 janvier 2014

L'art de me faire chier (moi-même) #20

Relire le texte que j'ai soumis au concours de la nouvelle de Radio-Canada et me rendre compte que j'ai laissé une coquille assez horrible, soit un mot de trop que j'aurais dû effacer en changeant une phrase.

Humiliation intense.

Ugh.

lundi 20 janvier 2014

Chorale canine

J'adore les chiens.

Non vraiment, si je pouvais, j'aurais genre une meute de chiens au complet, 5-6 chiens avec leur propre hiérarchie de qui mange le premier, qui se couche le plus près du feu et qui se montre le bedon au premier sniffage de derrière.

J'ai grandi avec une merveilleuse schnauzer miniature, Tina.

Tina et moi à 10 ans
Donc je me suis toujours dit que quand j'aurai une maison, j'adopterai un chien.

Et là, j'insiste sur "quand j'aurai une maison". Une condition très importante pour moi. J'ai toujours pensé que c'était un peu la base de la co-vie avec un chien. Une maison, une cours où il peut sortir souvent, se rouler dans le gazon, courir comme un déchaîné, sans avoir à attendre que j'aie envie de le sortir prendre une "marche" de 5 minutes et le presser de faire son petit pipi ou son petit caca à coup de "ENWEILLE, J'AI FRETTE CALVAIRE".

En Californie, la grande majorité des complexes appartement acceptent les chiens, et ça, je le comprendrai jamais. Un chat, ça va. Ils demandent moins d'espace, sont petits et silencieux, et n'ont pas besoin de dépenser autant d'énergie pour être heureux. Mais un chien? Gnn...

La première fois qu'on a visité l'appart où j'habite maintenant, on est passé devant un couloir extérieur et on est tombés nez à nez avec un gigantesque mastiff du Tibet. GIGANTESQUE. Il se tenait debout devant la porte de ce qui devait être l'appart où il vit, et il nous a fixés en grognant.

Exemple de mastiff du Tibet
On a changé de couloir assez vite merci.

Bel accueil. D'un côté, tant mieux si le chien avait le droit de sortir de chez lui sans surveillance, mais dans ce cas particulier, c'est pour les autres êtres vivants de la place que je me fais du souci. Mais aussi, vu la taille de cette bête, je me suis demandé si c'était vraiment une bonne idée, dans un deux et demi, d'avoir un aussi gros chien. Il fait quoi quand son maître travaille toute la journée? Il tourne en rond dans le salon?

Et ça, c'est sans compter à quel point c'est gossant pour les autres, quand y'a une tonne de chiens dans un immeuble à appartements. Dès que l'un se met à japper, les autres suivent. Ce qui fait qu'on a droit à une chorale de jappement qui dure parfois des heures. C'est à s'en arracher les cheveux de la tête... On reçoit également de jolis cadeaux impromptus, du genre du vomi de chien dans l'ascenseur, un beau caca de chien dans l'entrée, etc.

L'autre jour, juste pour voir combien il y avait de chiens sur mon étage, en rentrant chez moi, j'ai fait sonner mes clés tout en marchant le long du couloir. J'ai compté 5 chiens qui ont répondu à l'appel.

Je trouve ça triste, des chiens dans des apparts.

Moi, ma meute, elle va vivre sur une ferme avec un gigantesque terrain où courir toute la journée. Pas chacun séparé dans son petit salon, à attendre que quelqu'un ait envie de lui offrir "une marche pipi".

Bon, j'ai pas VRAIMENT l'intention d'adopter une meute (surtout parce que je compte pas vivre sur une ferme), mais je vais m'assurer d'avoir une maison avec une cour avant d'adopter un chien, ça c'est sûr.

vendredi 3 janvier 2014

Cul-de-sac

Accrochez-vous, ça risque d'être le plus long billet au monde...

Quand je suis déménagée aux États-Unis, j'ai été surprise de découvrir le nombre de mots français que les anglophones utilisent. Incluant "cul-de-sac". Ça m'a d'ailleurs pris du temps avant de catcher que c'est bien ce mot qu'ils prononçaient. Parce qu'ils le disent pas comme il faut, les anglos. Ils disent plutôt "côldesac", d'un trait, en insistant bien sur "côl". Sans savoir ce que ça signifie vraiment... ni d'où ça vient.

En ce moment, je me sens comme dans un côldesac, les amis. Côté écriture. Ben oui, je vais encore radoter là-dessus, non mais tsé c'est MON blogue hein, j'en fais ce que je veux! PFF. Bref, je suis dans un côldesac. Ou en remise en question, ça dépend des jours.

C'est drôle, parce qu'à chaque fois que je dis que je vais me remettre à écrire plus souvent, je le fais pas. D'ailleurs, c’est souvent la phrase qui sonne le glas de mes blogues. Certains d'entre vous le savent : c'est pas mon premier blogue, oh non. Je suis une vétérante du blogage (c'est drôle, ça sonne comme "blocage", ça tombe bien). Moi, je bloguais quand c'était encore cool, bloguer. Tsé, en l'an 2000 là? Et je bloguais encore quand c'était pu cool pan toute. Je bloguais avec des noms emo comme Hopeless Dreams, puis Endlessness. Et quand j'atteignais une période creuse qui n'en finissait pu de creuser, je fermais le blogue et j'en partais un autre. Je dis ça comme si je l'ai fait 30 000 fois, mais en fait, j'en ai eu juste 3, des blogues. Incluant celui-ci. Reste que c'est vrai pareil : quand je perds le goût, je finis par en ouvrir un autre. J'étais en train de me dire que je devrais fermer Éclats Urbains et recommencer encore une fois.

Vous le savez peut-être pas, mais mon idée de départ pour Éclats Urbains, c'était d'inventer un personnage et de raconter des affaires qui me sont pas arrivées pour de vrai. Parce que bon, ma vie manque pas mal de rebondissements, disons. J'ai pas grand-chose d'intéressant à raconter. J'ai pu 20 ans faut croire! Mais j'ai pas été capable de le faire. Quand je me suis rendu compte qu'on me lisait, je me suis sentie mal de mentir. Alors j'ai pas menti. J'ai raconté juste des vraies affaires. Je suis honnête de même, faut croire! Je peux pas mentir aux Internets. Reste que ça serait un blogue pas mal plus intéressant si je me permettais de mentir... non?

Côldesac et remises en question, en effet. Je disais l'autre jour à mon amie (ALLÔ SOPHY) que j’étais bloquée côté écriture, en partie à cause du français qui me vient moins facilement et de l’anglais qui prend trop place, mais aussi parce que je suis terrorisée à l'idée de glisser des anglicismes sans le vouloir, de mal utiliser les mots, comme certains francos assimilés après quelques années passées dans les pays du speak English. J'en ai rencontré, des assimilés. Avec des accents quand ils essaient de parler leur français plein de poussière, leur langue maternelle reniée. Terrifiant. Surtout que je me suis toujours définie par rapport à la langue française. J'étais "destinée" à l'écriture. Dans ma tête en tout cas. À l’écriture en français, je souligne.

Mon amie (HEY SOPHY RE-ALLÔ) m'a encouragée à laisser l'anglais s'infiltrer dans mon écriture. Elle m’a fait remarquer que c'était peut-être ma nouvelle voix, mon nouveau moi. Parce que c'est ma nouvelle réalité. Étrangement, mon frère (ALLÔ NICO) m'a également écrit un petit message très très similaire après avoir lu mon billet sur NaNoWriMo à ce sujet. Encore plus étrange, j'étais justement en train de me demander si  mon blocage ne proviendrait pas des bâtons linguistiques que je me mets dans les roues (perspicacité +1). En ayant si peur de mal utiliser les mots, de frangliser, je m'empêche de créer des nouvelles images. J'utilise des tournures de phrases toutes faites parce que y'a pas de danger. Mais c'est plate, une écriture toute faite. C'est pas moi. C'est pas le fun.

J'ai déjà publié un billet partageant ma haine de la nouvelle mode franglais, où les gens écrivent ou disent des phrases mi-anglaises, mi-françaises. "Enjoy ta journée", et tout ça. Je me demande si ma rage ne vient pas plutôt de ma propre peur d'être assimilée. Du fait que je me suis accrochée à la langue française avec un tel zèle que je suis devenue puriste. Quelle horreur. Peut-être qu'il faut que je revoie ma position sur la question. Peut-être que je devrais accepter l'évolution de la langue et me laisser porter par le courant. Par mon courant, en fait, qui est différent de celui du Québec, maintenant que je n'y vis plus. Laisser aller, c'est ce qu'on nous dit tout le temps, surtout pour les résolutions du Nouvel An. Je ne fais jamais de résolution, mais je peux quand même laisser aller, non?

Qu’est-ce que j’aime, au fond? La langue française, ou l’écriture? Est-ce que ce serait même si grave si j’écrivais en anglais seulement, mettons que je devenais assez bonne pour le faire? J’ai tellement longtemps considéré les deux comme étant une seule passion, maintenant que je réalise que ce sont deux entités différentes et que je suis un peu forcée de choisir un bord, je ne sais plus trop de quel côté je me retrouve.

Côldesac.

En faisant le ménage de ma garde-robe, j’ai trouvé un de mes nombreux journaux dans lesquels j'écrivais des textes à la main, que je tapais ensuite sur mon blogue emo, puis sur mon blogue légèrement moins emo mais emo quand même. J'y collais aussi des courriels ou des trucs importants qui se passaient dans ma vie. J'ai ouvert une page au hasard, et je suis tombée sur un courriel de mon prof de poésie du cégep. Il m'avait encouragée à créer un recueil et à l'envoyer aux Éditions du Noroît. Il voulait que j'y laisse ma marque, pour plus tard. Il espérait que l'éditeur en chef, qu'il connaissait, aurait du temps à me consacrer pour travailler avec moi sur mon manuscrit. Dans le courriel en question, mon prof de poésie m'expliquait que mon manuscrit avait été refusé (chose tout à fait compréhensible, puisque mon manuscrit était très loin d'être parfait) et que l'éditeur en chef n'avait malheureusement pas le temps de le retravailler avec moi pour cause de coupures budgétaires et de réduction de personnel. Il me disait que j'avais tout de même laissé ma marque, et qu'il était certain que je publierais un jour, tout en ajoutant que les autres professeurs du département partageaient son opinion. Cette année-là, ma dernière année de cégep, j'ai gagné la bourse Clarisse-Tremblay, bourse remise à celui ou celle qui se distingue dans le milieu de la création littéraire. Tout ça pour dire que... (même si on dirait que j'essaie de me vanter, j'ai vraiment quelque chose à dire en rapport avec ça) je me sens mal quand je repense à tout ça. Probablement qu'aucun de ces professeurs ne se souvient vraiment de moi, mais je me sens quand même coupable d'avoir reçu leur aide, leurs encouragements, leurs compliments, d'avoir même été lauréate de cette bourse en littérature, choisie par tous ces professeurs passionnés par leur job, et finalement de n'avoir rien fait avec. Nada.

Je n'ai même pas un roman d'écrit. Un véritable recueil de monté. Je n'ai même pas essuyé de refus des maisons d'édition, parce que je n'ai jamais rien envoyé. Jamais rien fini.

Je sais que je ne dois rien à personne, mais en même temps, ce ne sont pas que les professeurs, les amis et ma famille que j'ai un peu "laissé tomber" en arrêtant d'écrire. C'est moi que j'ai laissé tomber. Depuis quelques mois, j'envisage sérieusement l'idée d'abandonner. Parce que ça me cause une bonne dose d'angoisse et de tristesse, tout ça. Le blocage que j'ai, l'impression d'avoir perdu ma plume, de n'avoir rien à écrire. Peut-être que je devrais me trouver une autre passion, puisque l'écriture ne semble plus être une véritable passion.

Je pense souvent à cet extrait de Lettres à un jeune poète de Rilke :

Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s'il pousse ses racines au plus profond de votre cœur. Confessez-vous à vous-mêmes : mourriez-vous s'il vous était défendu d'écrire? Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit : "Suis-je vraiment contraint d'écrire?" Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple : "je dois", alors construisez votre vie selon cette nécessité.

C'était le cas, avant. Mais maintenant, c'est devenu une tâche, un obstacle à surmonter. Des fois, j'ai des idées pour écrire, j'ai même un soupçon d'inspiration, comme jadis, mais l'idée de devoir m'installer à l'ordi pour écrire me fatigue et je laisse passer. C'est con, je sais. Maudite fatigue qui ne me lâche pas...

Et pourtant, j'y reviens constamment. Je tourne autour, je reste ancrée sur l'idée que c'est ça que je veux le plus au monde, écrire un roman dont je serais fière. Est-ce que je m'accroche à quelque chose qui est déjà mort? Ou si c'est tatoué sur mon être, et que je suis juste dans une longue, longue, longue période d'angoisse de la page blanche, ou d'angoisse littéraire tout court?

Remise en question donc. Côldesac, un peu. Je fais un u-turn, je décrisse mes barrières, je laisse glisser l'English sur ma langue, j'ouvre grand mon cerveau à la vie et je laisse aller? Je sais plus.

Désolée pour le méga-giga billet sinueux-emo. Bienvenue dans ma tête.

Préparez-vous du popcorn, l'année risque d'être intéressante! Ou juste légèrement plate, comme les autres d'avant, c'est selon.

Merci à ceux qui ont lu jusqu'au bout. <3