jeudi 24 octobre 2013

Le casse-tête et le canard

Je devais avoir 7-8 ans. J'avais quelques amies au primaire, mais pas tant que ça. C'était le temps où ça commençait à se séparer en groupes de « cool » et de « pas cool ». Ça débutait à cet âge-là à l'époque. Aujourd'hui je pense que ça se décide à la garderie. Bref, je m'enlignais solide sur le « pas cool », mais je le savais pas encore.

Une des filles du groupe « s'enligne pour être cool » décide de faire un party pour sa fête et invite presque toutes les filles de la classe. Dans le langage de petits villages, ça veut dire environ 10 filles.

Le jour venu, je n'ai pas de cadeau à lui donner. Je sais pas vraiment pourquoi; peut-être qu'on n'avait pas de budget pour ça ou (probablement) parce que je l'ai dit trop tard à ma mère et qu'on a pas eu le temps d'aller en magasiner un. Toujours est-il que j'ai pas de cadeau, je panique parce que je sais dans le fond de moi-même qu'arriver à une fête d'amis sans cadeau, c'est s'embarquer sur l'autoroute de l'exil social, direction « rejet total » sans escale. C'est dur de même, la vie d'un enfant du primaire. Vous vous en souveniez pas hein?

Mes engrenages de cerveau en développement tournent un peu en grinçant et je décide de trouver quelque chose dans mes affaires et de l'emballer. Je trouve :

- Une toute petite peinture de canard que j'ai faite dans mon cours de peinture du soir
- Une vieille Barbie sans tête
- Un casse-tête pas ouvert que j'ai reçu d'une amie pour ma fête
- Une cassette des B.B.

Heureusement, je ne suis pas assez niaiseuse pour lui donner une poupée Barbie sans tête (franchement tsé), mais j'aime trop ma cassette des B.B. pour la donner à qui que ce soit. Me reste donc le casse-tête reçu en cadeau et la peinture. « SOIT! », que je me dis mais pas pan toute dans ces termes-là, « je lui donne les deux. » J'emballe donc séparément les deux merveilleux cadeaux choisis avec soin, espérant probablement que ça me donne des points bonis d'amis. Deux cadeaux, ça prouve qu'on est très investi dans la relation amicale, tout le monde sait ça.

J'arrive à la fête, je dépose mes cadeaux dans la grosse pile de boîtes enveloppées de papier ultra coloré et je comprends du même coup pourquoi elle a invité toutes les filles de la classe. Pas fou.

J'imagine qu'on s'est amusées avec des jeux quelconques, je ne m'en rappelle pas vraiment. Moi, tout ce que je me souviens, c'est le moment où elle a commencé à ouvrir les cadeaux. Quand elle est arrivée aux miens, elle a d'abord ouvert ma minuscule peinture de canard et m'a remerciée maladroitement avec un air de « de quessé c'est ça, qu'est-ce que tu veux que je fasse avec ça », ce qui est tout à fait compréhensible. À part les matantes et les grand-mamans, qui accrocherait une mini-peinture de canard sur son mur? C'est le genre de format qui fit juste dans la salle de bain, avec d'autres mini-peintures de choses plates. Mais au moins, j'ai un autre cadeau, alors je peux encore me racheter, non?

Elle déchire le papier du deuxième cadeau et découvre enfin le casse-tête de 1000 morceaux. C'est à ce moment que je réalise que la fille qui me l'a donné est là. Juste à côté. Et elle le reconnaît. 

Merde.

- Joanie, c'est pas le casse-tête que je t'ai donné ça?

Heureusement, j'ai un talent fou pour mentir.

- Ben non! C'est... heu... c'est parce que je l'ai tellement aimé que j'ai acheté le même pour France. Y'est vraiment bon.

Tsé. Comme un livre genre? Je veux faire passer le mot? Ce casse-tête a CHANGÉ MA VIE, je vous en achète tous une copie? Non?

Étonnamment, personne ne m'a crue. Je pense que c'est la dernière fois qu'on m'a invitée à une fête au primaire.

Entre vous et moi, je suis sûre que celle qui m'a donné le casse-tête l'avait reçu en cadeau de sa tante. C'était un gros casse-tête d'une rivière en automne avec des arbres orange autour, un genre de peinture impressionniste plate qu'aucun enfant au monde n'aurait voulu perdre son temps à reconstituer.



Je me demande à quel âge on développe du jugement? Parce que clairement, c'est pas à 7-8 ans.

lundi 7 octobre 2013

En vrac

J'ai encore plongé ce blogue dans le silence trop longtemps... Désolée! Y'a trop d'affaires le fun à faire dans la vie, et trop d'affaires pas le fun qu'on doit faire avant de pouvoir faire les affaires le fun. Gnn.

L'été est fini! Je suis pas mal soulagée en fait. Cet été, c'était ma première « saison des mariages », et j'ai dû voyager d'un bout à l'autre du pays pour assister aux mariages importants pour mon copain. Je déteste prendre l'avion, et je connaissais presque personne à destination, donc pas nécessairement des mariages amusants. MAIS c'est enfin fini! HOURRA!

Un petit « en vrac » pour me remettre dedans :

  • J'ai attrapé le rhume durant le vol de la Californie à la Virginie pour le mariage de mon beau-frère la fin de semaine dernière. Je suis pas sûre, mais je pense que ça vient de la dame assise dans notre rangée qui a toussé tout le long du vol sans se couvrir la bouche. Merci beaucoup madame. Ça fait une semaine et je suis encore malade.

  • Parlant du mariage à mon beau-frère... Il a remporté haut la main la palme du mariage le plus bizarre et le plus porteur de malaises au monde. Mon beau-frère est un peu hippie sur les bords, mais je savais pas à quel point jusqu'à ce qu'il se présente à son propre mariage avec une veste genre indienne, qu'il récite un mantra digne d'une secte tout en nous encourageant à le réciter en même temps (En santé, je suis; Heureux, je suis; Sacré, je suis), et qu'il fasse sa première danse sur une chanson tellement psychédélique et décousue que c'est impossible de danser là-dessus sans avoir l'air fou, surtout pas à deux. Lui et ses garçons d'honneur sortaient pour aller fumer du pot à toutes les 10 minutes. J'imagine qu'ils en fument tellement et depuis tellement longtemps que c'est ce que ça prend pour garder un buzz plus de 30 secondes.

  • Je fais normalement rien de spécial pour l'Halloween, même si j'aime beaucoup cette fête parce qu'elle représente tout ce que j'adore de l'automne. Mais je ne suis pas du tout intéressée à participer à des soirées costumées, alors difficile de trouver une activité amusante à faire entre adultes. Cette année, j'ai décidé d'organiser une soirée de jeux de société sur le thème de l'Halloween. On devrait être au moins 6, et j'ai plein d'idées de jeux à la thématique parfaite. J'espère que ça deviendra une tradition!

  • Je sais que ça va en faire chier plus d'un, mais il fait encore autour de 28 degrés à San José, beau soleil, et je trouve ça un peu triste. J'ai hâte qu'il commence à faire plus frais, qu'il pleuve, peu importe, n'importe quoi pour indiquer le changement de saison. Je veux me sentir en automne, porter des foulards, un p'tit manteau, boire du chocolat chaud... *soupir*

  • Le projet des défis d'écriture sur Les Diaphanes est annulé. Manque de participation et de communication, malheureusement. Je reprends le contrôle du blogue et je vais continuer de publier des petits bouts de récits fictifs, histoire de me pratiquer à écrire. NaNoWriMo s'en vient à grands pas, faut que je me prépare mentalement à écrire 50 000 mots en un mois! Ish.


Merci de continuer à me lire malgré les billets trop espacés :P Je continue évidemment de vous lire sur ma tablette le soir. C'est d'ailleurs pourquoi je n'écris pas de commentaires. J'utilise Feedly depuis la mort de Google Reader, et pour une raison qui m'échappe, je suis incapable de publier des commentaires. J'ai essayé plusieurs fois, mais ça ne marche tout simplement pas. Frustrant...