vendredi 22 mars 2013

Je déteste le dentiste

Comme tout le monde, quoi!

Quoique mon dentiste est vraiment très sympathique, je l'adore en tant qu'être humain, mais je le déteste en tant que personne qui m'angoisse à en avoir mal au coeur et qui me plante une aiguille dans la mâchoire pour ensuite me scier les dents.

Bref, la semaine dernière, je devais me faire faire une couronne sur une molaire avec un plombage trop gros (merci, ancien dentiste que je déteste aussi en tant qu'être humain). Le hic, c'est que j'ai tellement eu de mauvaises expériences (du genre « ça gèle pas mais continuons quand même ») que j'angoisse à fond lors des visites, et si quelque chose tourne mal, je me mets à trembler et à paniquer. C'est exactement ce qui s'est produit quand il a essayé deux fois de commencer le travail sur ma dent et que je pouvais tout sentir. Après la troisième aiguille, j'étais incapable d'ouvrir la bouche parce que j'étais trop crispée quand il a injecté l'anesthésiant, et je tremblais comme un marteau-piqueur.

Il a donc décidé de reporter la procédure à plus tard (soit lundi passé), mais en me proposant de prendre un calmant avant. QUELLE BONNE IDÉE!

Je repars donc avec une prescription de Lorazepam (allô Lora Zepam!). Ça dit d'en prendre deux avant de se coucher et deux avant le rendez-vous. Je trouve ça un peu abusif et je me dis que je vais tester avant pour voir, puisqu'il m'en a prescrit plus que nécessaire. Sauf qu'on reçoit la visite du frère de mon chum pendant plusieurs jours, et je n'ai jamais trouvé le bon moment pour essayer sans risquer de gâcher une soirée. Soit!, me dis-je. Je vais faire confiance à la médecine. Elle doit bien savoir quelle dose j'ai besoin.

Je prends les deux comprimés le soir avant de me coucher. Une heure plus tard, je me sens relaxe, un peu comme après un bain chaud. Partie, l'anxiété. J'essaie de penser à des trucs de dentiste horribles pour tester mes nouvelles limites post-lorazepam... victoire! Je ne ressens aucune peur. Génial! Je m'endors avec la paix (artificielle) d'esprit.

Le lendemain matin, j'ai un peu les deux yeux dans le même trou, mais je prends les deux autres comprimés quand même.

Et ce qui se passe ensuite? Franchement, je sais pas trop. J'ai des bouts d'images qui flottent ici et là dans ma mémoire. Genre moi assise sur la chaise du dentiste. Le dentiste en train de sculpter la couronne temporaire. Le dentiste qui me demande si j'ai déjeuné, et moi de répondre que j'ai mangé exactement quatre raisins verts. Mon chum qui me guide jusqu'à la voiture. Moi qui essaie de répondre à un courriel, mais qui n'arrête pas de cliquer n'importe où. C'était le même feeling que la fois où j'ai VRAIMENT trop bu (ça ne s'est d'ailleurs plus jamais reproduit), mais une journée entière au lieu de quelques heures.

Je me réveille le lendemain matin, encore un peu sous l'effet du calmant, la tête dans le brouillard et étourdie. Je demande à mon chum ce qui s'est passé. Apparemment, la procédure a duré trois longues heures et il a dû me geler trois fois. Ensuite, on est revenus à la maison et j'ai dormi. TOUTE. LA. JOURNÉE. De 11 h à 18 h, ensuite mon chum m'a donné un Subway, puis je me suis rendormie de 18 h à minuit, et enfin, je me suis couchée pour la nuit et j'ai dormi jusqu'à 9 h.

Une journée entière POUF, disparue.

C'est vraiment effrayant quand même. Bon, c'est génial que je ne me souvienne pas du tout de ma visite chez le dentiste, mais de là à dire que ça vaut la perte d'une journée entière, pas certaine.

La prochaine fois, je vais faire confiance à mon instinct. Je vais couper la dose en deux. Ou en trois.

Non mais.

jeudi 7 mars 2013

L'épicerie du quartier


Naviguer le stationnement bourré de dos d'âne aux deux mètres et trouver une place à l'autre bout complètement, là où il fera noir-obscurité-totale à la sortie de l'épicerie, une heure plus tard. Marcher d'un bon pas vers l'entrée et éviter de justesse les voitures qui ne semblent pas comprendre l'utilité (ou les effets secondaires) du dos d'âne.

Empoigner un panier visqueux à la roue toute croche. Zigzaguer dans les allées, non pas pour éviter les gens, mais parce qu'il est carrément impossible de pousser le panier en ligne droite. Jurer dans sa tête. Une centaine de fois.

Frissonner de dégoût en voyant une dame tousser grassement le contenu de ses poumons sur les laitues. Décider que, finalement, de la salade, c'est pas si bon que ça pour la santé.

Faire la file dans une file pas trop longue. Réaliser un peu tard que le client actuellement à la caisse a environ 20 bons alimentaires. Jurer dans sa tête. Un million de fois. Se sentir poche de lui en vouloir et se raisonner en se disant que c'est pas sa faute, quand même. Essayer de faire taire la petite voix qui s'écrie : « oui mais il aurait pu éviter de venir à l'heure la plus achalandée de la journée ». Se sentir encore plus poche. Maudire sa petite voix égoïste.

Changer de file en essayant de ne pas soupirer trop fort. Se rendre compte après quelques minutes que la caissière de la nouvelle file doit aider la caissière de la file d'avant avec les bons alimentaires. Jurer dans sa tête. Un trillion de fois. Attendre vingt minutes en regardant la crème glacée fondre lentement.

Passer enfin à la caisse, payer, pousser le panier-médaillé-d'or-en-slalom-aléatoire jusqu'à l'extérieur. Se tromper de rangée dans le stationnement. Abandonner le navire sur roues sur le bord du trottoir et transporter les sacs lourds jusqu'à la voiture de l'autre côté. Entendre un homme crier « hey! » et avoir peur de se faire violer dans la noirceur du stationnement. Se retourner avec précaution et se faire dire par un quinquagénaire clairement sur un high, assis dans sa voiture : « souris! ». Marmonner un « oui, d'accord » et continuer son chemin un peu plus vite.

Déposer les sacs dans le coffre, monter dans la voiture et se tirer de là le plus vite possible.

Ouaip. Une visite des plus typiques à cette chère épicerie du quartier.