vendredi 29 juillet 2011

Les couleurs de l'été

Pour le festival des arts dans la ville où j'habite, des artistes ont décidé d'habiller les lampadaires à l'aide de tricots colorés. Trop mignon!

jeudi 28 juillet 2011

Le déclin de l'empire ABC

Parce que je suis une accro de téléséries en tout genre (en fait, surtout les sitcoms, je l'avoue), j'ai eu envie d'aller faire un tour sur les sites web des grosses chaînes de télé pour voir la programmation d'automne 2011. Question d'étancher ma soif (lire : question de calmer mes symptômes de désintoxication télévisuelle estivale forcée pour survivre jusqu'en septembre).

Et c'est là que je suis tombée sur la bande-annonce d'une des nouvelles émissions de ABC.



Sérieusement, j'ai cru que c'était une mauvaise blague. Un poisson d'avril en juillet. On fait bien un Noël des campeurs, alors pourquoi pas un poisson de juillet, après tout?

Mais non. C'est très sérieux.

QUESSÉ ÇA?!?

Je me plains souvent qu'on n'a pas de bons sitcoms du genre Friends ou How I Met Your Mother au Québec.  Une gang d'amis, fin vingtaine, situations drôles, vie urbaine... Messemble que c'est une recette gagnante, non?

Ben aujourd'hui, je me console en me disant qu'on n'a peut-être pas Friends version québécoise, mais au moins, nos émissions poches, elles sont LOIN d'être AUSSI poches. Je regarderais sans hésiter une saison complète de Yamaska en une soirée au lieu d'une seule émission de Work It.

Bleh.

Au fait, suis-je la seule qui a pensé à ça en regardant la bande-annonce?

vendredi 22 juillet 2011

La sieste

Vous revenez du bureau après une dure journée de labeur. Vous êtes épuisé, surtout que vous n'avez pas très bien dormi la nuit dernière. Vous utilisez ce qui vous reste d'énergie pour faire le souper et manger, puis, vous vous installez sur le sofa pour relaxer.

Le beau coussin moelleux à l'autre bout de votre divan vous appelle de sa petite voix mélodieuse : "pose ta tête sur moi et ferme les yeux quelques secondes". Vous résistez à peine quelques minutes avant de vous étendre de tout votre long.

Aaaaaahhh. Vous n'en revenez pas à quel point vous êtes comfortable. Vous glissez tranquillement et délicieusement dans le monde des rêves. Tous les muscles de votre corps semblent détendus, euphoriques. Vous flottez dans le bonheur de la sieste de fin de journée, enrobé d'une douce chaleur qui vous chatouille la peau.

Vous vous réveillez trois heures plus tard, surpris d'avoir dormi si longtemps, mais si bien. Vous convenez qu'il serait mieux d'aller directement au lit, vu l'heure avancée.

Vous ouvrez à peine les yeux durant le chemin jusqu'à votre lit, et vous vous laissez tomber sur le matelas. Vous savez, ce matelas que vous avez acheté expressément pour dormir? Celui qui vous a coûté les yeux de la tête? Celui qui offre un mélange parfait de dureté et de mollesse pour éviter les courbatures?

Et pourtant, une fois dans votre lit, vous êtes incapable de vous rendormir. Les couvertures sont froides et vos muscles sont à nouveau tendus. Vous restez allongé en regardant le cadran égrainer les heures, seconde par seconde. Vous regrettez d'avoir quitté le confort du divan. D'avoir brisé le cocon dans lequel vous baigniez.

Aux petites heures du matin, vous abandonnez. Vous vous traînez jusqu'au divan en le suppliant de vous reprendre. Vous étendez votre corps meurtri sur ses vieux coussins et fermez les yeux.

Rien.

Impossible de retrouver la volupté que vous avez ressenti plus tôt. Le sommeil vous échappe toujours, et vous avez envie d'éventrer votre petit coussin, ce traître qui vous a jadis emberlificoté de sa douce mélodie, mais qui demeure maintenant coît devant votre désespoir.

Vous passez le reste de la nuit à pester contre l'ironie de la vie, qui veut que seules les siestes non prévues puissent vous offrir un sommeil des plus jouissif, et que dès qu'il est temps d'aller dormir, la froideur de la nuit est la seule accompagnatrice de vos voyages nocturnes.

Le lendemain, vous rêverez quand même toute la journée à faire la sieste sur votre divan.

mercredi 20 juillet 2011

Contraste

Elle doit avoir environ huit ans. Neuf tout au plus.

Elle est assise bien sagement sur le banc d'autobus à côté de sa mère et de son petit frère de quatre ans.

À l'arrêt suivant, une petite fille de son âge entre et s'assoit juste en face d'elle avec sa mère. La nouvelle venue explose de couleurs. Elle porte un tutu turquoise, un t-shirt jaune serin et des pantalons vert lime.

Les deux enfants s'observent un moment dans un silence gêné. Les yeux bleu clair de la nouvelle venue sondent avec curiosité les yeux noirs de la petite. Elles ne pourraient pas être plus à l'opposé l'une de l'autre. Peau blanche presque translucide contre peau basanée. Cheveux blonds contre cheveux de jais. Volubile contre réservée.

La petite aux yeux de ciel rompt le contact visuel lorsque sa mère lui offre un bâton de baume à lèvres. "Veux-tu du baume?" Elle acquiesce, ravie, et applique maladroitement le baume sur ses lèvres.

Yeux d'ébène la regarde faire avec une moue envieuse. Toujours sans bouger. Elle pose son regard sur l'accoutrement aux couleurs vives de yeux bleus, puis sur ses propres vêtements. Couleurs ternes. Gris cendré et beige. Elle se raccroche vite à la boule d'énergie devant elle. Presque avec désespoir.

Yeux bleus ne s'occupe plus de yeux bruns et se met à chanter tout bas. Elle s'amuse à se tenir debout près du poteau et s'y accroche aux tournants en s'esclaffant. Sa maman lui sourit et lui dit de ne pas lâcher prise pour ne pas tomber. Elle fait tournoyer son tutu, pose mille et une question, ne tient pas en place.

Contraste.

De son côté, yeux bruns fait la statue de marbre sans quitter des yeux la blondinette. Mais soudain, elle se tourne vers son petit frère et le chatouille en lui souriant. Un petit regain d'énergie comme pour prouver à yeux bleus qu'elle aussi, elle est vivante. Qu'elle aussi aime s'amuser et rire.

Mais sa mère lui fait aussitôt de gros yeux et lui dit de ne pas exciter son petit frère. Yeux d'ébène reprend sa place, les épaules basses. Immobile, elle tourne son regard vers yeux clairs.

Elle la regarde vivre tout au long du trajet, fascinée.

Lorsqu'il est temps pour elle de quitter l'autobus, elle se lève en silence et suit la file indienne en traînant des pattes. Avant de sortir, elle jette un dernier regard empreint de tristesse à yeux bleus.

Elle aurait aimé être son amie.

vendredi 15 juillet 2011

Paradis sucré

Depuis que j'ai vu ce vidéo-là, j'ai arrêté de manger tout ce qui contient trop de sucre raffiné. Donc plus de desserts du tout.

Ç'a été difficile, surtout pour une bébitte à sucre comme moi. Mais bon, j'avais envie d'essayer pour voir si j'allais me sentir aussi bien qu'on me l'a promis dans mes recherches sur Google.

Après environ trois mois, je dois dire que je me sens bien. Pas TANT que ça quand même, mais assez pour ne pas avoir envie de recommencer a me bourrer la face de pâtisseries. Je ne dirais donc pas que c'est une panacée à tous les maux de la Terre, mais en même temps, ça me force à manger plus de fruits. Ça doit dire que je suis plus en santé qu'avant, non?

D'ailleurs, avant d'arrêter de manger des sucreries, je ne comprenais absolument pas comment les gens pouvaient manger des fruits comme "dessert". Je trouvais ça presque insultant. Non mais, des fruits, ç'a rien à voir avec du dessert, c'est même pas sucré, bordel!

Ben depuis que je mange pu de sucre raffiné, les fruits sont TELLEMENT sucrés et délicieux!

J'espère que vous ne me détesterez pas comme j'ai pu maudire ceux qui disaient ça avant... JE VOUS LE JURE QUE C'EST SUCRÉ, DES FRUITS!

Mais le plus gros avantage, dans tout ça, c'est que, quand je me permets de manger une vraie sucrerie une fois de temps en temps (genre une barre de crème glacée enrobée de chocolat et amandes Häagen-Dazs) je peux-tu vous dire à quel point c'est DÉ-LI-CIEUX?

Délicieux comme dans arc-en-ciel et licornes magiques virevoltant dans les cieux sous le soleil éclatant, entourés d'une pluie de fleurs multicolores. Avec des choeurs qui chantonnent des "aaaahhhh" angéliques.

Et je savoure chaque bouchée comme si c'était ma dernière.

Ah, petits plaisirs de la vie, quand vous vous faites rares, on vous aime tellement.

mardi 12 juillet 2011

À la fête foraine, m'en allant promener...

La semaine dernière, on est allés faire un tour dans une fête foraine ambulante. Elle avait jeté l'ancre dans le stationnement d'un centre d'achat presque abandonné tout près de chez nous. On l'a découverte par hasard en revenant d'une soirée entre amis.

C'est les lumières qui m'ont attirée, comme un papillon de nuit. Pas capable de résister!


C'était hyper miteux, et je me rends compte que je suis trop vieille pour faire les manèges qui spinnent trop, mais j'ai vraiment eu du plaisir quand même. Je pense que c'est la nostalgie qui a rendu ma visite tellement plus agréable.

Ça m'a rappelé la seule fois (dans mes souvenirs en tout cas) où je suis allée à une fête foraine quand j'étais jeune.

Je devais avoir 10-11 ans. La meilleure amie de ma mère, que j'adorais parce qu'elle nous gâtait tout le temps mon frère et moi et nous parlait comme si on était ses amis, était venue prendre un café. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais elle a décidé de nous emmener à la fête foraine du quartier.

Le soleil commençait à se coucher quand on est arrivés. La température était parfaite : pas trop chaud, pas trop froid, beau ciel rouge-orangé sans nuages. De mes 4 pieds de fillette, les manèges étaient ÉNORMES. J'avais bien sûr été à la Ronde avant, mais je ne sais pas pourquoi, les manèges de la fête foraine me semblaient tellement plus cool. Peut-être parce que même moi je comprenais que c'était pas mal cheap et donc plus dangereux...

La nuit a très vite jeté son manteau noir sur nous, et c'est là que la magie a commencé. Les lumières qui clignotaient partout, de toutes les couleurs. Les stands de malbouffe qui sentaient bon le sucre et le gras. La barbe à papa qui fondait dans ma bouche.



J'ai fait quelques manèges, les yeux ronds d'émerveillement, et j'ai eu l'impression que c'était ÇA le bonheur. Que j'y goûtais, que ça y était. La tranquilité de la nuit. La joie de pouvoir rester debout si tard, pour une fois. Les couleurs, les saveurs, les parfums de l'été qui, je l'aurais juré, ne finirait jamais. La liberté d'être un enfant au beau milieu d'une fête à son image. C'était ça, être heureux.

Ensuite, on s'est approchés des stands de tir où on pouvait gagner des toutous. L'amie de ma mère nous en a gagné un chacun. Moi, j'ai choisi un dinosaure mauve avec des pastilles vert fluo. Hideux, et tout croche. Mais je l'ai aimé de tout mon coeur.

Ce dinosaure-là représentait toute la magie et la douceur d'une soirée où j'ai eu la chance de voler dans le ciel nocturne, entourée de lumières multicolores.

Tout en mangeant de la barbe à papa.

L'extase, quoi!

vendredi 8 juillet 2011

On n'est bien que chez soi

Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point la ville de Québec était sécuritaire, jusqu'à ce que je me retrouve dans une grande ville aux États-Unis.

Dans les petites villes alentour, c'est pas si mal. Mais gare à celui qui s'aventure trop loin au nord ou au sud, par exemple. C'est là que les voleurs se ramassent quand il y a trop de monde dans la "vraie" ville, celle qui attire les touristes. On entend des histoires de règlements de compte à coup de hache, de fusillades, de guerres de mini gangs wannabe.

Je ne m'y aventure pas. Je suis bien trop pissou pour ça.

Par contre, j'aime bien me promener dans la basse ville. Mais seulement durant le jour. Et même durant le jour, j'ai toujours une petite peur qui me comprime la poitrine. Parce qu'on s'entend que même au beau milieu de la journée, c'est pas toujours beau dans les grosses villes. C'est pas tellement les gangs, le problème, c'est les détraqués.

Et des détraqués, il y en a énormément en basse ville. De tous les genres, pour tous les goûts. Un vrai marché aux puces de fous. Des gentils fous qui ont juste l'air d'être sur l'acide 24h/24, à ceux aux regards qui pourraient tuer et qui font froid dans le dos, en passant par ceux qui se promènent toujours avec une gang d'amis imaginaires.

Mais l'autre jour, j'ai comme atteint ma limite de tolérance.

On venait de passer la journée à se promener dans les rues touristiques. On a croisé beaucoup trop de "fous-aux-regards-qui-peuvent-tuer" à mon goût. Surtout que la moitié me fixaient dans les yeux avec un air de bouledogue jusqu'à ce que je disparaisse de leur champ de vision. J'étais un peu sur le stress et je commençais à avoir hâte de rentrer.

En passant près d'un parc sur le chemin du retour, j'ai remarqué une belle petite grand-maman assise sur un banc. Elle avait choisi LE banc sur lequel la ville a fait construire une statue de bronze en position assise. Ça donnait donc une petite grand-maman assise à côté d'une statue, comme deux meilleures amies nourrissant les pigeons dans le parc tout en jasant de tout et de rien. Sauf que l'une d'elles a un teint un peu cendreux, disons-le.

Ça m'a fait sourire, et lorsque la petite madame a croisé mon regard, je lui ai souri gentiment. Comme une personne civilisée.

Mais grand-maman n'était pas une personne civilisée.

"Qu'est-ce tu veux, p'tite criss? Vous autres vous avez des yeux de tueurs!" vociféra-t-elle en postillonnant. "ARRÊTEZ DE ME R'GARDER AVEC VOS YEUX DE TUEURS TABARNAK!"

...

Même les petites vieilles sont méchantes dans la basse ville. Ça m'a vraiment traumatisée.

Ces dans ces moments-là que j'aimerais avoir des escarpins de rubis. À ce moment-là, je vous jure, j'aurais pas hésité : j'aurais claqué trois fois les talons en murmurant fiévreusement "on n'est bien qu'à Québec, on n'est bien qu'à Québec, on n'est bien qu'à Québec..."