jeudi 30 juin 2011

Le comble de la naïveté

Des fois, j'ai vraiment l'impression que je souffre d'une forme légère du syndrome d'Asperger.

Certaines situations sociales auxquelles je suis confrontée me prennent totalement au dépourvu et je n'ai aucune idée comment je dois réagir, ce que je dois dire ou ne pas dire, faire ou ne pas faire.

Exemple concret :

Cet après-midi, je décide d'aller faire une "petite" épicerie (je n'ai clairement aucune vie puisque la moitié de mes billets parlent d'aller faire l'épicerie) en cette belle journée presque ensoleillée. Je m'arrête à une lumière, où se trouve déjà un homme d'à peu près mon âge en habits de jogging.

Il se tourne vers moi et me demande poliment si j'habite dans le coin.

"Oui!", répondis-je avec un grand sourire de demoiselle gentille toute prête à prodiguer mes talents de guide du voisinage. Ce qui arrive en fait énormément par ici. Et ce qui est, je tiens à le préciser, plutôt ironique, puisque je me perds constamment dans mon propre bloc appartement.

L'homme hésite un moment et pointe en face de nous. "C'est par là, l'épicerie?"

J'opine de la tête et ajoute que ce n'est pas très loin, et réalise avec embarras que nous nous dirigeons vers le même commerce. "Pas de problème", me dis-je avec soulagement, "il va sûrement se remettre à jogger".

Mais alors, comble de l'étonnement, le gentil joggeur se met à discuter avec moi. Et il est excellent dans l'art de discuter, me posant des questions sur ce que je fais, où j'habite, d'où je viens, le tout bien enveloppé dans une verve étayée qui m'enjoigne à répondre et à relancer la discussion.

En moins de dix minutes, ce que je lui révèle sur ma vie, bien que très basique, m'a pris un minimum de trois mois à dévoiler à mon voisin de bureau au travail.

Cet homme sait parler aux femmes.

Mais tout au long du chemin, à l'intérieur, je panique.

"Est-ce qu'il me cruise? Ben non, il est juste gentil. Il veut juste connaître du monde des alentours."

"Est-ce que je devrais lui dire que j'ai un chum? Ça serait bizarre, au hasard comme ça."

"Non mais tsé, des fois les gars nous parlent juste pour être ami, pas obligé que ce soit toujours sexuel ou romantique. Franchement..."

"Il est un peu dans ma bulle en ce moment, messemble qu'il est proche..."

"Je fais quoi s'il me demande mon numéro de tél.? Merde, merde, merde, merde..."

"Ben là, y'est trop tard pour dire que j'ai un chum, j'aurais dû le faire avant."

"Est-ce que je suis en train de faire la pétasse sans le savoir? Si je dis rien pendant longtemps, est-ce qu'il va penser que je le niaisais?"

"Ben non, il veut juste être mon ami..."

"Maudite épaisse, t'as pas 10 ans, il veut pas être ton ami, franchement..."

Pendant que la conversation extérieure se déroule dans le calme et la béatitude, ma conversation solo intérieure défile à 100 km/h et commence à me faire suer du visage. Merde.

On arrive devant la porte de l'épicerie lorsqu'il me demande : "As-tu de la famille par ici?" Et moi de sauter dans le tas sans regarder : "Ah ben oui y'a mon chum qui habite avec moi..."

Silence gêné. L'homme se rembrunit un peu et sourit jaune.

Merde.

"Aaahh... c'est plate, je pourrai pas te voler! Mais si t'as Facebook, ça te tente d'être amis?"

Ma première demande d'ami Facebook par un étranger. Si je n'étais pas aussi mal à l'aise, j'aurais fêté l'événement.

Mais évidemment, je panique encore plus. On dit quoi dans une situation comme celle-là?

Option 1 : "Non merci, sans façon, j'ai déjà trop d'amis."
Option 2 : "Oui bonne idée! *donne un nom fictif*"
Option 3 : "Je suis lesbienne."

Ou encore, je dis la vérité?

"En fait, j'aimerais bien parce que je te trouve super sympathique, mais je me rends compte que j'ai été trop conne pour te dire plus tôt que j'étais prise, et j'ai l'impression que tu cherches plus que de l'amitié, et que tu m'offres d'être amis Facebook parce que tu ne sais pas trop quoi faire d'autre pour mettre fin à notre conversation, donc pour nous sauver de l'embarras, je te suggère qu'on se dise aurevoir et qu'on fasse semblant que rien de tout cela ne soit arrivé."

Finalement, j'ai dit oui. Je me suis envoyé la demande sur son iPhone, et on est chacun parti faire son épicerie dans des coins opposés.

En revenant à la maison, je constate qu'il a 300 amis Facebook et qu'il a ajouté plusieurs filles à ses contacts dans la dernière semaine.

Je ne suis donc pas la seule qui lui a montré le chemin vers l'épicerie.

Surtout qu'il m'a dit, avant de partir, qu'il venait souvent chercher à dîner dans ladite épicerie.

Bien joué, quand même!

mardi 28 juin 2011

Ça m'énerve...

Ça m'énerve quand les gens sur Facebook laissent des commentaires du genre :

"Hey ma soeur, c'est beau ta robe!"
"Trop cool, le frère!"
"Ça fait longtemps qu'on s'est pas vues, cousine!"

C'est quoi cette nouvelle mode-là? Pourquoi on ressent le besoin de faire savoir à tout le monde que la personne est notre soeur, ou notre tante, ou notre voisin? RIEN À FOUTRE!

On ne dit pas ça dans la vraie vie, à ce que je sache? Je me vois mal au resto, à crier bien fort :

"HEY MA MÈRE, goûte à mon poulet, il est pas pire!"

Tes liens familiaux sont déjà écrits sur ta page Facebook. Si j'ai vraiment le besoin urgent de découvrir ton arbre généalogique, je vais aller voir moi-même. Laisse faire la préface d'habitant à chaque commentaire.

Compris, ma soeur-de-mon-amie-dont-je-me-fous?

vendredi 24 juin 2011

Clanches!

Imaginez-vous la scène :

Moi. Hier après-midi. Assise dans le bus vers le centre-ville.

Je profite du paysage ensoleillé tout en me demandant si je vais arriver à temps pour mon transfert, puisque le bus a un bon 5-10 minutes de retard.

Je constate d'ailleurs que c'est peut-être parce que le chauffeur ne sait pas conduire... Il rate ses arrêts et est donc forcé de s'arrêter un peu n'importe où en bafouillant des excuses. J'ai l'impression d'être dans une voiture manuelle conduite par un ado qui n'a jamais vu de transmission de sa vie. C'est légèrement cahoteux, disons.

La nervosité commence à monter un peu quand je vois le chauffeur prendre le téléphone du bus et parler à voix basse, l'air sérieux. Ou en tout cas, son derrière de tête avait un air très grave.

"Il se trame quelque chose", que je me dis, toute pleine d'une incroyable perspicacité. Je m'imagine déjà des millions de scénarios tous plus terrorisants les uns que les autres. Du genre qu'il y a une bombe dans le bus. Ou que le chauffeur doit prendre sa pause et que je vais rater mon transfert. L'horreur.

Quelques minutes plus tard, le chauffeur se range tant bien que mal sur le côté de la route et se lève. Ça y'est. On est cuits. Il va sortir sa bombe et nous crier de ne pas bouger, sinon on va tous sauter. Je savais que j'aurais pas dû m'asseoir dans la seule rangée de bancs entre deux fenêtres. Aucune sortie de secours.

"Désolé tout le monde, on roule pratiquement sans freins en ce moment, alors on va devoir changer de bus."

Ah ouais. Ah. Ah ben oui. Ça explique bien des choses.

Même si je suis soulagée de savoir qu'on ne va pas tous mourir (quoique, on a probablement passé proche sans que je le sache, vu la sueur qui perle sur le front du chauffeur), je dois avouer que je ressens une pointe de déception.

J'aurais vraiment aimé recréer le film Clanches! (ou Speed, pour les puristes hollywoodiens). On était proche d'un pont en construction en plus, tout était prêt!

Ce sera pour une prochaine fois.

lundi 20 juin 2011

Surpopulation à plumes

En allant à l'épicerie, je passe devant un petit étang artificiel qui sert à contenir le trop-plein d'eau durant la saison des pluies. Puisqu'il est clôturé, personne ne peut s'en approcher.

C'est évidemment un gros plus dans le monde immobilier de nos amis les oiseaux. Je vois d'ici l'annonce :

"Magnifique bungalow (ou bung-à-l'eau, oh ohhhh) en plein centre-ville, entièrement clôturé, sécuritaire et non occupé par les bruyants bipèdes. Un véritable paradis urbain! À voir absolument."

Deux outardes ont sauté sur l'offre. J'ai donc eu la chance d'observer leurs cinq petits bébés grandir tranquillement dans leur enclos inaccessible, juste à côté de l'autoroute. Un contraste qui me plaît énormément.

Sauf qu'avec l'été qui commence, l'étang commence à s'assécher, ce qui restreint pas mal leur surface vivable.

Aujourd'hui, en allant à l'épicerie, j'ai vu les deux adultes avec leur cinq grands ados échevelés et maladroits, entassés les sur les autres dans ce qui reste d'eau bien brune.

J'en connais deux qui doivent avoir vraiment hâte que leurs enfants quittent le nid.

Littéralement.

jeudi 16 juin 2011

Interdiction de rire

J'ai toujours été intriguée par le concept selon lequel quelque chose d'un peu comique devient hilarant à s'en éclater la rate si on est dans un endroit où on n'a pas le droit de rire.

Je suis certaine que ça vous est déjà arrivé d'être incapable d'arrêter de rire dans une bibliothèque quand vous étiez adolescents. 

Je ne comprends pas pourquoi un pet, dans une bibliothèque, c'est si drôle.

Évidemment, ça ne l'est pas, c'est juste qu'on sait qu'on a pas le droit de rire, et pour une raison qui m'échappe, c'est ce qui enclenche chez nous ce sautillement du diaphragme incontrôlable si distinctif des êtres humains.

Et ça ne s'applique pas qu'à la bibliothèque, ni qu'à l'adolescence.

Je me souviens, lorsque j'étudiais au cégep, je devais marcher un bon 20 minutes pour me rendre à mes cours. Grande fan de François Pérusse que je suis, j'en profitais pour écouter, sur mon walkman sony jaune (ah que je suis vieille), les 2 minutes du peuple enregistrées sur mes cassettes de 60 minutes (aaaaah je suis tellement une vieille croûte).

Chaque fois, je devais me battre contre ma face pour camoufler mes fous rires en espérant que ceux que je croisais ne le remarqueraient pas. Je ne sais pas si j'avais un goût caché pour la torture, ou si j'avais juste envie d'ajouter du piquant à mes promenades quotidiennes... Mon but ultime, c'était de rire intérieurement tout en restant de marbre à l'extérieur.

Plus facile à dire qu'à faire.

J'aurais aimé que quelqu'un me filme. Je devais tellement avoir une face de folle, un mélange de je-viens-de-manger-un-citron et de tics nerveux dignes d'une échappée de l'asile. Le pire c'est que, quand ça arrive, on essaie par tous les moyens de retenir les coins de notre bouche, et on finit par avoir la bouche en trou de cul poule.

Comme si c'était pas mal mieux qu'un large sourire. Bravo la subtilité.

Et je ne vous parle même pas des sons étranges que j'ai fait pour réprimer mes ricanements dans la bus quand je lisais les Chroniques d'une mère indigne...

Avec du recul, je me dis tellement que j'aurais mieux de fait de juste partir à rire. Je suis sûre que j'aurais eu l'air moins fou.

Malheureusement, le recul, par définition, ça arrive tout le temps trop tard et ça sert juste à nous donner une bonne dose d'humiliation décalée.

M'enfin, je me console en me disant que ç'aurait pu être pire. J'aurais pu être celle qui pète dans la bibliothèque.

mardi 14 juin 2011

Outrage, bonbons et cie

Est-ce que ça vous arrive parfois de vous remémorer certains trucs du quotidien de feux votre belle enfance et de repenser à des choses qui vous semblaient jadis banales, mais qui vous donnent aujourd'hui une face de "issshhh", et comme un petit pincement à la morale humaine tout au fond de votre coeur?

Vous savez, ce genre de choses que je qualifierais de "mais-à-quoi-ils-ont-pensé-bande-de-caves"?

Moi, ça m'arrive tout le temps.

Il y en a tellement, alors aujourd'hui je vais me concentrer sur les bonbons. Plus spécifiquement...

Les cigarettes Popeye.


Oui je sais, techniquement, ce sont des "bâtonnets en bonbon", mais on sait que ce n'est qu'un ramassis de mensonges, et que les fabricants sont de sales hypocrites! En fait, ces bonbons-là s'appelaient vraiment des "cigarettes en bonbon" avant, mais le nom a été changé. De toute façon, le petit bout rouge qui indique clairement le côté allumé de la cigarette ne ment pas.

N'ESSAYEZ MÊME PAS!


Je me revois ouvrir ce petit paquet de cigarettes, sortir glorieusement mon bâtonnet en su-sucre de ma petite main de fillette de 5 ans et fumer mon bâtonnet en me disant à quel point c'est donc cool de fumer des bonbons.

Encore pire : les cigarettes en chocolat.
Avec ces bonbons-là, pas moyen de se cacher. C'était tellement clairement des cigarettes. Ces bonbons-là, je me souviens les avoir mangés dehors, l'hiver, le matin quand il faisait -20C JUSTE pour avoir l'effet de fumée que formait mon souffle dans l'air gelé. Fallait vraiment vouloir l'expérience complète pour se geler le mini-derrière juste pour ça. Remarquez, c'est pas loin de la réalité dans ce cas-là... Faut vraiment vouloir fumer pour aller se geler le popotin l'hiver pour la maudite pause-cigarette.

Une chance pareil qu'ils ont retiré ça du marché. Mais c'est fou à quel point les mentalités changent vite quand on y pense. Il y a à peine 10 ans, les enfants faisaient semblant de fumer avec des bonbons conçus spécialement pour eux, alors qu'aujourd'hui, même les adultes ne peuvent plus fumer nulle part.

M'enfin, on aurait pu avoir pire que des bonbons cigarettes, quand même...

vendredi 10 juin 2011

Le chérubin rebelle

À un moment, durant mon année à la maternelle, j'ai soudainement refusé d'y retourner. Sous le regard plein de points d'interrogation de ma mère, je me plaignais d'avoir mal au ventre, mal au coeur, mal partout, et je pleurais jusqu'à ce qu'elle me laisse rester à la maison.

À ce qu'elle dit, parfois je me rendais à l'arrêt de bus, mais je revenais en courant dès que la bus pointait son gros nez jaune. Quand même, j'étais une petite vite, moi. La bus passait tout droit et j'avais gagné!

Je ne sais même pas si ma mère sait ça, mais je suis pas mal certaine que la raison pour laquelle je refusais d'y aller, c'était à cause d'un de mes "petit ami de classe", comme on les appelait.

Un petit garçon aux cheveux bouclés tellement blonds qu'ils étaient presque blancs. Je me souviens pas exactement ce qu'il a fait. Il me poussait peut-être dans les couloirs. Ou peut-être qu'il m'avait crié des noms. Des trucs horrifiants comme "t'es pas fine" ou "t'es même pas bonne en dessin". Quelle angoisse.

Toujours est-il qu'il a fait quelque chose d'assez gros pour que je sois traumatisée à fond et que je refuse de retourner à la maternelle. Quelque chose de tellement méchant que ma mémoire a décidé de l'oublier, question de m'empêcher de sombrer dans la folie et de me foutre en position foetale dans un coin de ma chambre pour le reste de ma vie.

Ou peut-être que j'ai juste oublié parce que c'était vraiment pas important. Mais bref.

Tout ça pour dire que je me souviens de son visage et de ses cheveux, et qu'il hante encore mes souvenirs à ce jour. Sauf qu'on s'entend qu'un petit garçon de genre 5 ans aux cheveux blonds bouclés, c'est vraiment difficile de trouver ça menaçant, une fois que t'es devenu adulte.

Essaye d'expliquer à tes amis que le sosie de cupidon hante tes cauchemars parce qu'il t'a poussée quand t'avais 5 ans.


C'est winner rare, croyez-moi.

mardi 7 juin 2011

Bonheur glacé

C'était au beau milieu d'un été humide. La pluie venait tout juste de cesser, et le vent frais transportait avec lui l'odeur de l'asphalte mouillée.

Je me préparais à faire la fermeture à la minuscule crèmerie où je travaillais. Un emploi des plus parfaits pour une étudiante en littérature comme moi. Je passais mon temps à boire de la slush au melon d'eau tout en lisant roman après roman entre deux clients sympathiques.

Je nettoyais le comptoir en vitre quand tu es entré.

J'ai figé en voyant tes vêtements sales et usés. Ta barbe fournie et tes cheveux crasseux. Tu m'as fait un sourire troué comme pour me rassurer; tu as dû voir la crainte voiler mon regard. S'il n'y avait pas eu cette odeur sucrée qui imprégnait toute la pièce, j'aurais peut-être senti ton odeur à toi. J'imagine que ç'aurait été un mélange de nuits d'angoisse à dormir sous la lune froide, de repas volés aux poubelles malodorantes. L'odeur de la survie et du désespoir.

Tu m'as parlé doucement avec le ton de celui qui a quelque chose à se faire pardonner. Comme si tu t'excusais d'exister. Ça m'a fait mal jusque dans les tripes.

Tu m'as raconté que le plus beau souvenir de ton enfance, c'est quand tu allais manger de la crème glacée avec tes parents à la crèmerie du coin où tu as grandi. Tu m'as dit que tu aimerais goûter une dernière fois à ce bonheur avant de mourir, mais que tu n'avais plus un sou. Tu m'as dit que tu comprendrais si je ne pouvais pas, mais que tu n'avais pu t'empêcher de tenter ta chance.

J'ai ravalé mes larmes et je t'ai souri. Je me suis concentrée pour te faire un cornet à la vanille parfait, avec un tourbillon épais et proportionné, pour que ce soit encore mieux que dans tes souvenirs. Pour que tu goûtes à une parcelle de vie qui ne tienne pas de la simple survie.

Quand je te l'ai donné, ton regard usé s'est illuminé comme des feux d'artifice. Tu m'as remercié tant de fois que je n'ai pu rétorquer assez de "ça me fait plaisir". Tu as mordu dans la crème glacée avec délicatesse. Des traces de ta première bouchée sont restées prises dans ta barbe, mais tu n'en avais rien à faire. Tu as fermé les yeux et tu as souri, comme soulagé momentanément d'un poids énorme.

Tu m'as remercié encore mille fois avant de te faufiler dans la nuit, ton cornet à la main.

J'ai pris l'argent dans mon pourboire pour payer ton dessert. C'était si peu pour tant de bonheur.

Si peu pour un million de mercis.

vendredi 3 juin 2011

Les yeux plus gros que l'épaule

MOA je fais mon épicerie à pied parce que MOA je sauve du gaz. MOI-LÀ ça veut dire que MOA je sauve la planète et pas VOUS! MOA!

...Bon, d'accord, je fais mon épicerie à pied parce que je n'ai pas de voiture...

Pire encore, je ne sais pas conduire. S.V.P ne me lancez pas des tomates. Gardez-les pour vos sandwichs.

La raison est simple : j'ai toujours habité tout près des magasins, alors je n'ai jamais eu besoin de conduire. Et en fait, j'aime ça parce que ça me force à faire un peu d'exercice, à prendre l'air et à muscler mon épaule droite. Oui, juste la droite, parce que je suis incapable de faire tenir des sacs sur mon épaule gauche. C'est comme mettre ma sacoche à gauche : impossible. Je suis droitière jusqu'au bout de l'épaule. J'ai une dextérité unilatérale. Je suis unidextre du haut du corps.

Bref.

Je fais mon épicerie à pied depuis le cégep et j'adore ça. SAUF QUE, j'ai un léger problème qui ne s'est jamais réglé au cours des années. Jamais.

Je suis totalement incapable d'évaluer le poids de ce que j'achète.

CHAQUE FOIS que je vais faire l'épicerie, je me dis "bah quelques fruits, un peu de viande, tout va bien aller". Mais rendue là, je découvre toutes sortes de plaisirs gastronomiques en spécial que je me dois d'acheter pour les jours creux. Et c'est toujours des trucs du genre cannes de conserve ("plaisirs gastronomiques" disais-je), bouteilles de jus, poids et haltères, baleines bleues grandeur nature... J'exagère à peine.

Après avoir tout payé, je me ramasse avec deux ou trois sacs pleins de trucs vraiment trop lourds, et je dois transporter tout ça sur ma pauvre épaule droite. J'ai l'air de Quasimodo dans la rue, clopinant sous le poids de mes vivres, suant comme une vache tout en sacrant après ma cervelle de moineau. Belle image, non?

Le pire, c'est que je ne me dompte pas.

Hier, j'ai acheté un melon d'eau.

Un putain de melon d'eau.

N'importe qui avec deux neurones ou plus aurait fait "heeeu non, je ne transporte pas ça avec tout le reste, je vais me briser le dos". Pas moi. Moi, je fais "HMMMMMMMMM DU BON MELON D'EAU DUUUUH!" et je le mets dans mon panier roulant.

Parce que je ne suis pas non plus assez intelligente pour prendre un panier portatif, ce qui m'aiderait à voir si je suis capable ou non de tout transporter. Je me dis que sur l'épaule avec des sacs en tissu, c'est juste pas pareil, on peut en prendre plus.

Mouais.

Reste qu'il est excellent, mon melon d'eau.

Miam.

mercredi 1 juin 2011

Trois heures plus tard dans les Maritimes...

J'ai un aveu à vous faire.

Quand j'ai congé un jour de semaine, mon petit plaisir, c'est de me coucher super tard, genre 3:00 du matin. Mais JUSTE avant de m'endormir, j'ouvre la télé et je cherche LE poste qui est comme trois heures plus tard dans les Maritimes et qui passe une émission du matin du style Salut Bonjour.

Et là, bien au chaud sous les couvertures, saoulée au bonheur d'être bien confo dans mon grand lit et de savoir que je n'ai pas à me lever pour aller travailler le lendemain, je regarde les nouvelles du matin de gens qui sont en train de se lever pour aller au bureau.

Pendant qu'ils sacrent après le mauvais temps et le trafic de merde, moi, je me marre.

"POUAHA bande de cons, passez une bonne journée!"

Je sais pas trop pourquoi je les traite de cons. J'ai, semble-t-il, une haine viscérale et inexpliquée pour les pauvres Maritimiens le lundi matin, même s'ils m'ont rien fait.

En même temps, c'est une lame à double tranchant. Ils doivent tellement penser à moi quand il est 5:00 du soir chez eux et qu'ils reviennent de travailler, bien assis sur leur péteux au chaud dans leur petite maison en bord de mer (ben quoi, c'est les Maritimes, quand même), alors que moi, je regarde les secondes s'égrainer interminablement au bureau et que je me dis qu'il me reste encore un gros trois heures de calvaire avant la liberté.

Ils sont tellement chiens, quand même.

Ça doit être pour ça que je les aime pas.