J'ai déjà mentionné quelque fois que j'ai une phobie du vomi. De tout ce qui se rapporte au vomi. Genre que je panique quand quelqu'un vomit ou parle d'avoir vomi, quand j'entends quelqu'un dire qu'il a mal au coeur, etc.
Je me suis quand même pas mal améliorée au fil des années. Je veux dire, c'était assez intense quand j'étais plus jeune. Je paniquais juste à lire le mot "vomi"... J'en suis rendu au point où je peux regarder des films où un acteur vomi parce que je sais c'est pas du vrai, même si mon coeur bat un peu plus vite quand ça arrive. Au moins j'hyperventile pas pendant 30 minutes après.
Mais le summum de cette phobie, la PIRE des pires affaires qui peut arriver, c'est de vomir soi-même.
***AVIS À CEUX QUI ONT LA MÊME PHOBIE, CESSEZ DE LIRE IMMÉDIATEMENT***
***(Ou ceux qui veulent pas de détails, mais j'en donnerais pas tant que ça quand même)***
Ça m'était pas arrivé depuis 14 ans. J'étais même fier de le dire au monde. "Ah ouais moi j'ai pas vomi depuis 14 ans, j'ai tellement peur de ça que mon corps le fait juste pas".
Apparemment, c'était pas vrai.
Mardi soir, 4:00 du matin, je fais un rêve fucké à la Fantasia avec des balais qui dansent, et soudain je me dis que les balais ont donc ben mal à l'estomac. Je me réveille tranquillement pour me rendre compte que non, c'est pas les balais qui ont mal au ventre (non?!), mais bien moi. Ça arrive à tout le monde d'avoir mal au ventre de temps en temps, alors je respire profondément, je repousse les pensées négatives qui disent que je vais vomir et je me dis que ça va passer. Mais ça passe pas.
Je commence à avoir vraiment mal au coeur. Panique. Je me lève et je vais à la salle de bain pour prendre un Tums en espérant que c'est juste du reflux gastrique. Je panique tellement que j'ai l'impression que je vais m'évanouir alors je m'étends sur le sol froid de la salle de bain en me forçant à respirer comme du monde.
Ça passe un peu, alors je retourne me coucher. Mais cinq minutes plus tard, c'est pire, et là je le sens que ça passera pas. Je retourne aux toilettes et je m'installe devant la toilette, le coeur qui bat à 100 km/h et le cerveau qui surchauffe à force de répéter super vite « non vomis pas vomis pas vomis pas vomis pas vomis pasvomispasvomispasvomispas ».
Ça marche pas la pensée positive, en passant. Quoique c'était plutôt une formule négative. C'était peut-être ça, le problème.
Je vomis de l'air 4-5 fois, genre vraiment violemment, tellement que je m'étire un muscle dans la gorge. Nouveauté. Très agréable.
Je capote parce que ça arrête pas, alors j'appelle mon chum à l'aide. Le pauvre, qui dormait à poings fermés, se lève d'un coup, totalement désorienté. Il me raconte le lendemain qu'il s'est réveillé alors qu'il était déjà debout en train de me chercher. Je l'entends me crier « QUOI?! QUOI?? », mais je peux pas répondre, je suis trop occupé à me fêler des côtes. Il me rejoint finalement juste comme ça s'arrête et je me mets à pleurer comme un gros bébé.
Je me suis rendu compte que j'ai un chum vraiment génial, parce qu'il est resté avec moi pendant 2 heures alors que je vomissais de l'air et que je tremblais de panique. Je refusais de retourner dans le lit parce que chaque fois que je bougeais, j'avais l'impression que j'allais vomir. Il a été chercher le tapis de yoga et m'a fait un oreiller avec une serviette de bain. Après avoir vomi pour vrai, je lui ai dit qu'il pouvait aller se recoucher, mais il a refusé. Il a été se chercher une chaise et s'est installé dans la salle de bain avec moi pour pas que je suis toute seule.
Si c'est pas de l'amour, ça...!
Pour faire ça court (trop tard), j'ai finalement vomis toute la matinée, et chaque fois, quand j'étais capable de reprendre mon souffle, je m'écriais « c'est tellement pas vrai que ça fait du bien pis que c'est pas si pire que ça dans le fond, c'est PIRE QUE JE PENSAIS ».
Par exemple, je savais pas qu'on pouvait vomir 4-5 fois de suite jusqu'à être presque incapable de reprendre son souffle entre les vagues de nausée. Je savais pas non plus que ça prenait tous les putains de muscles de son corps pour vomir. Quelle horreur.
Heureusement, le corps humain étant relativement bien fait, les détails terrifiants commencent à s'estomper dans mon esprit. Amnésie forcée de type accouchement, j'imagine, question qu'on n'ait pas si peur de vomir chaque fois. Sauf pour ceux qui ont une phobie comme moi.
J'ai arrêté de vomir après avoir pris du Pepto Bismol. C'est probablement une coïncidence plus qu'autre chose, mais c'est quand même devenu mon héros rose bonbon. Je vais toujours en garder une bouteille dans ma pharmacie à l'avenir.
J'espère quand même pouvoir passer un autre 14 ans sans vomir...
Bref, désolée de vous partager ça, ça doit pas vous intéresser, mais fallait que j'en parle. J'ai pensé à mes amies qui sont aussi émétophobes, et bien que ce serait les seules qui pourraient comprendre mon besoin d'en parler, ce serait vraiment trop chien de les faire paniquer pour ça :P
Leçons à tirer de tout ça :
1. J'ai le meilleur chum au monde
2. Vomir, c'est horrible
3. Le Pepto Bismol, c'est potentiellement magique (à vérifier... mais pas par moi s.v.p.)
4. Une chance que j'ai pas d'enfants